Actualités / Septembre 2006

 

CONNAISSEZ-VOUS...?

Auvers-sur-Oise

 

A trente kilomètres au nord-ouest de Paris, Auvers-sur-Oise n'est qu'une modeste bourgade; il y règne pourtant une atmosphère tout à fait unique, due à la présence encore vivante des peintres impressionnistes. On sait que ceux-ci, fuyant la grande ville, aimaient aller planter leur chevalet à la campagne, dans un coin de forêt, dans un village paisible ou au bord d'une rivière -- aujourd'hui le plus souvent endiguée de béton et bordée d'usines ou d'immeubles... Après Barbizon et Fontainebleau, ce sont ainsi Argenteuil, Asnières ou Enghien qui accueillirent ces nomades du pinceau, poètes désargentés dans un monde en voie d'industrialisation qui leur fournissait de pittoresques points de vue. Auvers-sur-Oise est un de ces hauts lieux de la peinture du XIXe siècle. Cézanne et Pissaro, mais surtout Charles François Daubigny, l'ont illustré. De ce dernier, on peut encore visiter la villa-atelier, dont les vastes pièces ont reçu une décoration tout à fait unique, fresques monumentales ou larges panneaux réalisés par Daubigny, Corot, Daumier.

 

Charles François Daubigny: paysage de l'Oise (?).
Collection particulière

 

Mais le principal souvenir lié à Auvers reste encore l'épisode tragique de la fin de Vincent van Gogh. Quittant Arles où il avait été interné à sa demande, Vincent s'établit à Auvers en 1890, à proximité du Docteur Gachet, dont il fit le fameux portrait, et dont la villa et le jardin se visitent encore. Installé dans une modeste chambre au premier étage de l'auberge Ravoux, Vincent est surveillé par un autre peintre hollandais, envoyé à cette fin par son frère Théo. Précaution insuffisante: le 27 juillet, dans cette mansarde où plus personne n'habitera après lui, l'artiste se tire une balle dans la poitrine. Théo, mort de chagrin quelques mois plus tard, se retrouvera à ses côtés dans le cimetière d'Auvers.

 

L'auberge Ravoux, la dernière
chambre de Vincent Van Gogh

 

Une émotion mêlée de rage remplit le coeur du visiteur, qui se souvient du voeu formulé par Van Gogh à la fin de sa vie: pouvoir un jour faire une exposition de ses oeuvres... dans un café! Aujourd'hui, la Maison Van Gogh d'Auvers-sur-Oise souhaite réaliser ce rêve à titre posthume, et faire de la chambre maudite le plus petit musée du monde. Mais il lui faudrait des dizaines de millions de francs pour acquérir le moindre tableau; alors que de toute sa vie, Vincent Van Gogh n'a vendu qu'une seule toile. Dans les combles de l'auberge Ravoux, transformés en salle de projection, seul dans le noir, on songe à tout cela en contemplant sur le mur la couleur dorée des meules de foin, le bleu des ciels tourmentés. Les dernières notes des Vier letzte Lieder de Richard Strauss s'éteignent peu à peu, et l'on a de la peine à retenir ses larmes, tant est grand le contraste entre ces lumières solaires et l'obscurité d'un destin cauchemardesque. C'est dans l'église d'Auvers, celle-là même qui a servi de sujet pour une des toiles les plus célèbres de Vincent Van Gogh, que l'Ensemble Vocal de Lausanne a chanté le 19 mai 2006; un moment d'émotion qu'aucun spéculateur ne pourra jamais acquérir.

 

Eglise d'Auvers, le 19 mai 2006

 

Retour à la page «Actualités»
Back to 'News' page

 


Page mise à jour le 29 septembre 2006